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Webinaire – Présentation de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique (OALA), le 22 mai 2025

Retrouvez-nous le 22 mai en ligne pour une discussion avec les représentants de OALA, l’Observatoire des atteintes à la liberté académique.

Nous aurons le plaisir de discuter avec Delphine Dulong, Professeure des Universités à l’Université Panthéon Sorbonne et Jérôme Heurtaux, Maître de conférences à l’Université Paris Dauphine – PSL, tous deux respectivement Présidente et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique (OALA). Les deux intervenants présenteront les missions de l’Observatoire, reviendront sur les principaux enjeux contemporains en matière de liberté académique et répondront aux questions des collègues.

Comprendre le Boycott académique avec les ressources du CUCCP

La Coordination universitaire contre la colonisation en Palestine (CUCCP) est un réseau constitué de chercheur.euses, enseignant.es-chercheur.euses,doctorant.es, Biatsss, et étudiant.e.s qui se mobilisent pour but de mettre fin à la guerre génocidaire, et de manière plus générale, de mettre fin à la colonisation et au nettoyage éthnique en Palestine ainsi qu’au régime d’apartheid d’Israël.

Ce collectif a mis en place des ressources éducatives pour déconstruire les idées reçues autour du boycott académique. Ce dernier s’inscrit dans le mouvement, plus large de Boycott Disinvestment and Sanctions (BDS), que le CUCCP présente comme il suit :

“Initiée en juillet 2005 par de nombreuses personnalités et organisations palestiniennes, le BDS est un moyen pacifique, légal, populaire et efficace ancré dans une longue tradition de résistance civique et pacifique contre l’oppression et l’injustice. Il a pour cadre le droit international, les droits humains universels, les lois contre l’apartheid et l’occupation, et a pour modèle le boycott international de l’Afrique du Sud, qui a été décisif dans la fin du régime d’apartheid.”

CUCCP Boycott

Pour retrouver le texte integral du livret de la CUCCP sur les idées reçues sur le boycott académique, c’est ici.

Premier wébinaire de la SEMOMM avec Éric Fassin: « Pourquoi s’en prendre aux libertés académiques? Anti-intellectualisme et démocratie »

Le premier wébinaire de la SEMOMM, avec Éric Fassin, professeur de sociologie à l’Université Paris 8 aura lieu le 25 mars 2025, de 13h à 14h. Le titre de son intervention est : « Pourquoi s’en prendre aux libertés académiques? Anti-intellectualisme et démocratie ».

Éric Fassin a publié en 2024 : Fassin Éric, 2024, Misère de l’anti-intellectualisme: du procès en wokisme au chantage à l’antisémitisme, Paris, France, Textuel.

La discussion sera animée par Pauline Koetschet et Éric Verdeil.
Elle aura lieu en ligne. Pour y assister, adhérez ou ré-adhérez à la SEMOMM.

Pour préparer cette séance, il est possible de lire :

Fassin Éric, 2024, « Libertés académiques et démocratie : tout dire, mais pas n’importe quoi »,. La Revue des droits de l’homme. Revue du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, vol., n° 26. Adresse : https://journals.openedition.org/revdh/21037 [Consulté le : 11 février 2025].
Ibos Caroline et Fassin Éric, 2023, « Ce que nous faisons, et ce que l’on nous fait. Les luttes politiques universitaires »,. French Cultural Studies, vol. 34, n° 3, p. 284‑300. En ligne : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/09571558231175399?icid=int.sj-abstract.similar-articles.7
Igbos Caroline, Fassin Éric (dir.), 2021, Défense et illustration des libertés académiques, Paris, Le Club Médiapart, 2021, En ligne : https://static.mediapart.fr/files/2024/03/14/defense-et-illustration-des-libertes-academiques-13.pdf

Campagne de ré-adhésion

Nous vous invitons à renouveler votre adhésion à la SEMOMM afin de renforcer notre association professionnelle, dont le rôle est plus que jamais essentiel et urgent. Votre adhésion contribuera à renforcer les activités de l’association pour :

  • Défendre les libertés académiques et pédagogiques,
  • Soutenir la jeune recherche et sa professionnalisation,
  • Maintenir et développer un réseau de chercheurs travaillant sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans.

Pour donner vie aux activités de la SEMOMM, (ré-)adhérez et faites adhérer à l’association en cliquant sur ce lien : ADHÉSION SEMOMM

La SEMOMM, avec la BRISMES et la SeSAMO, apporte son soutien au professeur Joseph Daher, de l’Université de Lausanne

La SEMOMM a signé le manifeste de solidarité avec le professeur Joseph Daher dont le contrat de professeur invité n’a pas été renouvelé pour des raisons arbitraires, visiblement liées à son engagement en faveur du respect du droit international en Palestine. Il s’agit d’un nouveau regrettable de violations des libertés académiques.

Avec la BRISMES et la SeSAMO, nous avons écrit au recteur de l’Université de Lausanne pour protester contre le non-renouvellement arbitraire de son contrat d’enseignant : Lettre BRISMES-SeSAMO-SEMOMM

500 scientifiques interpellent leurs directions sur les violations du droit international en Palestine

La SEMOMM fait partie des organisations qui soutiennent une tribune, signée par plus de 500 scientifiques et personnels des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, qui interpelle les directions pour condamner les violations multiples du droit international commis par l’État d’Israël.

Le monde de la recherche français a “une responsabilité collective face à l’histoire”.

Pour accéder à la tribune sur le site de Médiapart et à la liste complète des signataires : ici.

Cinq cent scientifiques et personnels des établissements d’enseignement supérieur et de recherche (ESR) ont interpellé leurs directions (France Universités, CNRS, INRAE, CIRAD, IRD, Institut Agro Montpellier, INED, INRIA) pour condamner le génocide en cours dans le Territoire occupé de Palestine, ainsi que les violations multiples du droit international commis par l’Etat d’Israël.

Ils appellent les directions de ces établissements de l’ESR à clarifier leur politique de collaboration avec l’Etat d’Israël et à suspendre toute collaboration ou évènement scientifique avec les institutions israéliennes. Cette lettre a également été soutenue par une vingtaine d’organisations (syndicats et associations).Nous reproduisons ci-dessous la lettre envoyée le 21 janvier 2025 aux directions.

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L’UNIL publie un rapport sur les Enjeux éthiques des collaborations externes, janvier 2025

Dans le contexte de sa réponse au collectif pro-palestinien installé à Géopolis, la Direction de l’Université de Lausanne (UNIL) s’est engagée à mettre en place un groupe de travail dont l’objectif était de réfléchir à un cadre permettant d’évaluer les collaborations externes sous l’angle de l’éthique, de l’intégrité scientifique, du droit international et de la liberté académique ainsi qu’à accompagner et soutenir les membres de la communauté UNIL dans leurs collaborations. Le groupe a travaillé de manière indépendante pour élaborer ses analyses et propositions, en tenant compte des expériences et perspectives d’une diversité d’acteurs, internes et externes à l’UNIL.

En janvier 2025 ce groupe de travail a publié son rapport, que vous pouvez consulter dans sa version intégrale ici.

Source : Site officiel de l’UNIL, unil.ch

La SEMOMM dénonce les entraves à l’accueil du public pour la conférence d’Alain Gresh à la Sorbonne

Le séminaire “it’s better to speak – les scientifiques face à Gaza”, organisé par des enseignant.es-chercheur.es de l ‘Université Paris Sorbonne avait convié le 22 janvier Alain Gresh pour une conférence intitulée “Gaza : faillite politique et complicité médiatique”. Mais le bon déroulement de cet événement a été perturbé par diverses mesures administratives qui l’ont retardé et ont limité l’accès du public. Il s’agit d’une entrave grave et inacceptable aux libertés académiques. Parler de la Palestine est toujours très difficile dans les universités françaises aujourd’hui. La SEMOMM dénonce ces violations et a écrit une lettre à la présidente de l’université.

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La SEMOMM dénonce l’annulation de la conférence de Pascal Boniface à l’université Sorbonne Paris Nord le 21 janvier 2025

La conférence de Pascal Boniface à l’Université Sorbonne Paris Nord, organisée par l’association étudiante IDREF le 21 janvier, a été annulée au dernier moment par la présidente de l’université. Une nouvelle fois, une activité universitaire légitime, qui devait porter sur le conflit israélo-palestinien, ne peut se tenir. Il s’agit d’une inacceptable violation de la liberté d’expression et un déni de la vocation de l’université. La SEMOMM a écrit à la présidente de l’université Paris pour protester.

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La SEMOMM déplore le refus de publication d’un article de Leïla Seurat dans la revue Questions internationales

La SEMOMM exprime sa préoccupation concernant la non-publication dans la revue Questions internationales d’un article de Leïla Seurat, politiste spécialiste de la Palestine, dont les travaux sont très reconnus, et dénonce une violation de sa liberté académique.

La SEMOMM a adressé une lettre en ce sens aux rédacteurs en chef de la revue, Sabine Jansen et Serge Sur, ainsi qu’à la responsable Département de l’édition et du débat public à la Direction de l’information légale et administrative, Nadège Cressonier.

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Les libertés académiques dans le domaine des études moyen-orientales : un regard comparatif

La montée des soupçons à l’égard des universités et des universitaires, depuis plus d’une vingtaine d’années, n’a pas épargné les chercheuses et chercheurs qui travaillent sur le Moyen-Orient et les mondes musulmans. Alors que cette région est marquée par des évolutions politiques violentes donnant lieu, en France et dans le monde occidental, à des interprétations et des justifications contradictoires, les accusations de “wokisme” et d’”islamo-gauchisme” ont pu s’étendre à des recherches portant sur les sociétés de cette aire culturelle. Le rebond de violence qu’ont représenté l’attaque du 7 octobre et celle qui s’en est suivie par Israël s’est également immédiatement traduit par de nouvelles mises en cause d’universitaires spécialistes de cette région, sommés de dénoncer le Hamas et ses pratiques terroristes, sous peine d’encourir des accusations d’antisémitisme ou d’apologie du terrorisme, là où ils et elles tentaient d’apporter l’éclairage de l’histoire et des transformations sociales. Ces tensions ont enflé au point de représenter des menaces voilées et même assumées contre les libertés académiques, dans le domaine de la recherche comme dans celui de l’enseignement. 

Au sein de la SEMOMM, cette situation a entraîné une profonde préoccupation et nous a conduit à organiser, à l’occasion de l’assemblée générale tenue le 27 septembre 2024, une table ronde pour aborder cette question des menaces contre les libertés académiques et l’organisation de leur défense dans une perspective comparative, à la fois avec des représentantes de quatre associations-sœurs, la British Society for Middle East Studies (BRISMES, Royaume-Uni), la Middle East Studies Association (MESA, États-Unis), la Società per gli Studi sul Medio Oriente (SeSaMO, Italie) et le Foro do Investigacion sobre El mundo Arabe Y Musulman (FIMAM, Espagne) ainsi qu’avec une spécialiste de cette question en France, mais à propos d’autres aires culturelles, dans d’autres domaines des sciences sociales et même au-delà[1]. Sur la base des propos et des échanges avec les participantes et participants à cette session, et en complétant avec d’autres matériaux sur ces organisations, nous proposons ici quelques réflexions synthétiques. Il s’agit d’une part de souligner la grande diversité organisationnelle d’organisations aux histoires et traditions intellectuelles spécifiques. La question des libertés académiques constituent pour chacune d’elles des préoccupations pressantes suscitant des modes d’organisation et d’action qui se diffusent de l’une à l’autre. L’un des enjeux de la réflexion comparative qui a émergé lors de cet événement est celui de la coopération et de l’apprentissage entre nos associations académiques s’intéressant au Moyen-Orient mais aussi au-delà de notre champ. 

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Soulagement après la libération de Victor Dupont

La SEMOMM a appris avec soulagement la libération et le retour en France de Victor Dupont et son amie, emprisonnés en Tunisie depuis le 19 octobre. Nous nous en réjouissons avec eux, leurs proches et collègues, ainsi que que tous celles et ceux qui ont agi pour parvenir à cela.
La SEMOMM reste néanmoins mobilisée face à une telle atteinte à la liberté académique et aux entraves à la recherche en Tunisie que ce dramatique épisode révèle.

Joint letter to Tunisian authorities from BRISMES, SEMOMM and SeSAMO concerning the ongoing detention of French national and University of Aix-Marseille PhD student Victor Dupont

The Academic Freedom Committee of the British Society for Middle Eastern Studies (BRISMES), of the Société d’études du Moyen-Orient et du monde musulman (SEMOMM) and of the Italian Society for Middle Eastern Studies (SeSaMO) have written to Tunisian authorities to express their grave concern about the ongoing detention of French national and University of Aix-Marseille PhD student Victor Dupont.

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La SEMOMM rejoint la campagne PACBI

Suite à des débats informés autour de la question du boycott académique, le bureau de la SEMOMM a proposé à ses adhérents de voter concernant la décision de rejoindre la campagne PACBI (voir résolution ci-dessous). Le « oui » (97%) l’a emporté sur le « non » (3%). 73 personnes se sont prononcées.

Résolution de la SEMOMM en faveur de la campagne PACBI (approuvée le 23 octobre 2024)

Considérant que la société civile palestinienne a lancé en 2005 un appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël (campagne PACBI) ;

Considérant que les membres de la SEMOMM ont organisé divers forums de discussion et de débat sur cet appel dans le cadre de l’engagement de la SEMOMM en faveur de la liberté académique ;

Considérant que les organisations internationales intergouvernementales et non gouvernementales, y compris les groupes de surveillance palestiniens et israéliens, ont documenté et vérifié les violations systématiques par les gouvernements israéliens successifs des droits de l’homme des Palestiniens vivant sous le contrôle direct ou indirect d’Israël, notamment depuis le 7 octobre 2023 ;

Considérant que ces violations systématiques, qui prennent un tour tragique dans le cas de Gaza mais également de la Cisjordanie occupées depuis un an, comprennent la destruction des établissements d’enseignement supérieur palestiniens, notamment à Gaza ; la restriction de la liberté de mouvement pour les Palestiniens ; l’isolement, l’affaiblissement ou l’attaque des institutions éducatives palestiniennes ; le harcèlement des enseignants, du personnel et des étudiants palestiniens ; le harcèlement des professeurs, du personnel et des étudiants israéliens qui critiquent les politiques israéliennes ; la destruction, la confiscation ou l’inaccessibilité des archives palestiniennes ; et le maintien de l’inégalité entre les Palestiniens et les Israéliens en matière de ressources éducatives ;

Considérant que les universités israéliennes sont impliquées en tant qu’institutions dans ces violations systématiques du fait de l’aide directe qu’elles apportent à l’armée israélienne et aux services de renseignement ;

Considérant que le gouvernement français a systématiquement protégé les gouvernements israéliens successifs de la responsabilité de ces violations et les a facilitées par un soutien diplomatique, militaire et économique sans précédent ;

Considérant que la campagne BDS contre Israël vise des institutions et non des individus ;

Considérant que la SEMOMM reconnaît le droit des universitaires à la liberté académique ainsi que le droit des universitaires à choisir de participer ou non à un boycott académique ;

Le bureau de la SEMOMM propose :

1) d’approuver l’appel lancé en 2005 par la société civile palestinienne en faveur du BDS contre Israël ;

2) de charger son Conseil d’administration de travailler en consultation avec l’ensemble de ses membres ainsi qu’avec les institutions académiques chargées du respect des libertés académiques pour donner effet à l’esprit et à l’intention de cette résolution, d’une manière compatible avec les statuts de la SEMOMM ainsi qu’avec les lois et la réglementation françaises en matière d’éducation et de recherche.

PACBI, c’est quoi ?

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens. Elle prône le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes en raison de leur complicité profonde et persistante dans le déni par Israël des droits des Palestiniens stipulés par le droit international.

PACBI est membre fondateur du Comité national palestinien BDS (BNC) et est chargé de superviser les aspects académiques et culturels du boycott du BDS.

Le BNC, y compris le PACBI, s’engage en faveur de la liberté d’expression comme le stipule le Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies (PIDCP) et rejette donc, par principe, les boycotts d’individus en raison de leur opinion ou de leur identité (comme la citoyenneté, la race, le sexe ou la religion).

Observatoire des atteintes à la liberté académique

Dans le cadre de sa mobilisation pour la défense de la liberté académique, le bureau de la SEMOMM attire l’attention de ses membres sur les activités et les ressources de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique (OALA). Nous copions ci-dessous quelques éléments de présentation de cet organisme, avec qui la SEMOMM s’est mise en contact.

Nous recommandons particulièrement les fiches pratiques que l’OALA a publiées, qui présentent la liberté académique telle qu’elle est définie dans les textes officiels (Code de l’éducation, etc.) ainsi les droits et les ressources institutionnelles des universitaires mis en cause dans leur liberté académique pour se défendre.

L’Observatoire des atteintes à la liberté académique (OALA) est un organisme conjoint à l’Association Française de Science Politique et à l’Association Française de Sociologie créé en 2023.

L’Observatoire peut être sollicité par toute personne (titulaire ou non) subissant une forme quelconque de violence en raison de ses recherches. Il conseille et soutient les victimes, assure un suivi des affaires auprès des deux associations ainsi que la coordination de leurs éventuelles actions communes.

L’Observatoire vise également à sensibiliser les enseignant·e·s et les chercheur·euse·s aux menaces qui pèsent sur la liberté académique, ainsi qu’à les informer sur les manières de s’en protéger. L’espace web de l’OALA assure à cet effet une veille en recensant les atteintes à la liberté académique. Il renseigne sur les droits des enseignant·e·s et les chercheur·euse·s en documentant les ressources juridiques à leur disposition (textes de lois, jurisprudence, rapports parlementaires, liste d’avocats spécialisés, etc.).

Il permet aussi une transmission des connaissances théoriques et de savoirs pratiques via une série de capsules vidéo réalisées avec des juristes, des collègues ayant vécu une situation préjudiciable ou ayant une expertise sur un sujet lié (la garde à vue, la protection des données, le harcèlement sur les réseaux sociaux, etc.). Cet espace internet se veut enfin et surtout un lieu d’évocation des possibles modalités de défense individuelles et collectives pour se prémunir ou lutter contre ces attaques qui peuvent toucher chacune et chacun d’entre nous.

L’Observatoire est piloté par un bureau exécutif, présidé par Delphine Dulong et Vanessa Codaccioni, qui coordonne l’action d’un comité stratégique composé de politistes et de sociologues (Maira Abreu, Philippe Aldrin, Thibaud Boncourt, Laurent Bonelli, Stéphane Dufoix, Jules Falquet, Camille Gourdeau, Fabien Jobard, Sylvain Laurens, Igor Martinache, Clément Rivière, Gisèle Sapiro).

source : https://www.afsp.info/activites/observatoire-oala/

Contraintes et libertés de la recherche scientifique au Maghreb

L’IRMC organise des journées d’étude sur ce thème le 20 et 21 septembre 2024 à Tunis-Hôtel Sidi Bou Saïd
Coordination: Katia BOISSEVAIN, anthropologue, directrice de l’IRMC et
Jérôme HEURTAUX, politiste, Université Paris-Dauphine, PSL Research University
S’il est évident que partout, la recherche en sciences humaines et sociales est impactée, voire limitée, par l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR), le contexte économique ou la situation politique, l’expérience des pays du Maghreb est fréquemment présentée sous l’angle d’une crise plurielle. Les ingrédients de cette crise sont connus : sclérose d’une recherche sous-financée, poids de la bureaucratie universitaire, crise des vocations, parfois conjugués à des recrutements de complaisance, une dégradation spectaculaire des infrastructures et même la violence étudiante.
Dans ce contexte général de désacralisation du monde universitaire (Dris-Aït Hamadouche et al., 2022), la réalisation d’une recherche scientifique rencontre maints obstacles. L’objectif de cette journée d’étude est d’en repérer les plus significatifs et d’explorer les principales contraintes qui pèsent aujourd’hui sur l’accès et la conduite du métier de chercheur (et d’enseignant-chercheur) et sur les premiers concernés : doctorants et jeunes recrutés. Quels facteurs internes à l’ESR – routines intellectuelles, poids du mandarinat, faiblesse des financements, etc. – et externes – verrouillage de certaines archives, fermeture de terrains sensibles, entrave aux mobilités – pèsent-ils sur le choix des objets de recherche ou sur la conduite d’un terrain, et font-ils de la recherche en SHS une recherche relativement empêchée ? Quels sont, plus fondamentalement, les impacts de la situation politique sur la recherche ? En Tunisie, en particulier, comment l’ouverture intellectuelle induite par la révolution de 2010-2011 s’est-elle manifestée dans le domaine de la recherche en SHS ? Quid de celle-ci depuis le 25 juillet 2021 ?
La publication récente d’un ouvrage sur les atteintes aux libertés académiques en Europe et dans d’autres pays (Heurtaux, 2024) – phénomène global s’il en est (Frangville et al., 2021 ; Aldrin et al., 2022) – incite enfin à interroger la notion de liberté scientifique dans le contexte maghrébin et à réfléchir aux modalités possibles de promotion de cette valeur au sein de la communauté universitaire comme à l’extérieur.
Plus d’information : https://irmcmaghreb.org/journee-detude-contraintes-et-libertes-de-la-recherche-scientifique-au-maghreb-2/